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vendredi 15 avril 2011

3_La Garde



Nous étions chez marraine, à quelques quinze minutes à pieds de la maison. Un bâtiment un peu plus chic que la maison ouvrière en brique rouge que nous habitions.
Un samedi d'automne comme bien d'autres, marraine et son mari travaillaient au marcher, ils vendaient de la viande, leur fils Michèle suivait des cours d'équitation.
Rien de bien particulier leur trois pièces, des meubles rustiques modernes, de la moquette épaisse, un décoration modérée et kitsch, des vases à fleurs, des lampes, et des reproductions encadrées.
Dans la chambre des enfants un lit deux places superposées en métal, et les exubérants posters de chevaux de mon cousin. La présence plus discrète de ma cousine se résumait à quelques poupées qu'elle avait disposé comme des sculptures sur l'étagère et le bureau.
On venait fréquemment chez marraine pour les dîners, le soir avec mes parents. Elle, son mari, sa fille et son fils, moi, ma mère et mon père, à table ça discutait. Les grands avaient la parole, nous autres ont servaient la table, les couverts, les plats, les bouteilles, ont débarrassaient, ont apportaient à la demande. Nos bavardages discrets n'interféraient pas l'éloquence des parents. Les conversations entremêlaient actualités, pour ne pas dire politique, vacances, travail, maison, ...
L'éducation, voilà un sujet récurent qui nous pétrifiait, ont baissaient la tête pour ne pas faire allusion qu'on étaient au centre du sujet.
"Elle en a reçu une bonne hier, tu t'en souviens Corine ?" Ma cousine se taisait, à ses mots allait-on lui faire revivre la même scène. Marraine n'attendait pas de réponses, elle prévenait, elle se ventait des bons préceptes qui régissaient la demeure. Ici c'était papa qui dispensait la ceinture, celle nouée à sa taille, là bas, dans la chambre des parents, les fesses nues allongés à plat ventre sur le grand lit, les hanches remontées sur le traversin.
Oh, comme ça m'excitait de savoir qu'il se faisaient battre, j'en jouissais secrètement et brièvement avant que ma mère ne surenchérisse "Je vais devoir sévir, il y a déjà longtemps qu'elle aurait dut s'en prendre une, j'ai été trop bonne avec elle". Après les présentations avec le martinet j'ai réussi à éviter la punition pendant près de deux mois, "Il était temps qu'elle goûte à la discipline" s'était vantée ma mère, ça m'avait, parait il, remit les idées en place, je faisait plus attention maintenant. Durant ces éloges de la sévérité, les regards menaçants pointaient en notre direction.
Mère rappelait ce qu'il en était à son époque, les fesses nues dressées à la ceinture du père, la génuflexion au coin sur les pois secs. Chez mon oncle c'était le martinet, pour marraine,  douze coups de verges, autant de raisons de nous faire accepter à gentillement présenter nos derrières quand on nous le demande.
La vie était dure et savoir se résigner nous éviterait maints problèmes, il fallait filer droit,c'était notre vaccin pour l'avenir.
Au fil des argumentations, mes "Merci Maman" devenaient plus sincères.
Je le voyait mon avenir quand je remarquais mère, nerveuse, revenir du travail.
Elle en parlait avec sa soeur au téléphone de ses humiliations, "cette salope", en parlant de sa patronne. Il n'y avait pas un lieux qui diffère, pas la peine d'en chercher un quatrième, de toute façon on te fait trimer et on te stresse, et tu n'as pas intérêt à répondre, sinon on te vire en te faisant craquer. Elle prenait ses cachets pour se calmer, et il y avait ses cigarettes.
Mon père me disait que j'étais moche et grosse, qu'il m'enverrait au turbin dès que ce serait possible. Je le détestait et j'en avais peur, il m'avait maintes fois prévenue, si ma mère venait se plaindre de moi auprès de lui :"j'vais t'faire saigner ton gros cul à coups de trique".
Je le haïssais.
Un soir où il m'insultait, j'avais osé lui répondre, pas grand chose, je me souviens plus des mots, il devais y en avoir un vulgaire. "Je vais te saigner le cul !", il était en rage, il est allé dans la salle de bain chercher la sangle en cuir avec laquelle il affûtait son rasoir, manche en nacre, un cadeau de son beau père.
Quand je l'ai vu revenir le cuir à la main, j'ai couru, vite, instinctivement j'ai fui dans la chambre de ma mère et je me suis glissée péniblement dans l'espace entre l'armoire et le mur, j'étais coincée dedans, impossible de m'atteindre à moins de déplacer l'armoire, et c'était pas une mince affaire. J'y ai passé la nuit. Le lendemain ma mère m'a gracié pour que j'en sorte, autrement j'y serais restée toute ma vie, j'avais même demandé à plusieurs fois si c'était vrai, si on n'allait pas me battre.
Quelques jours plus tard, mère m'appela au salon, mon père était là, il tenais la sangle, "Tu te déshabilles !", j'étais en robe de nuit. Je couru vers ma cachette, l'armoire avait été déplacée contre le mur, j'étais piégée dans ce coin. "T'entends ce qu'on te dit !" je recevais déjà des coups. Battue, face contre le mur, je déboutonnais et fit glisser la robe.
Je finis recroquevillée par terre recevant des coups, jusqu'au premier sang il avait frappé ma chair. C'était la première fois qu'il me frappait, un souvenir si violent comme si il datait d'hier.
Quelque part ma mère me protégeait de lui, même si j'entendais parfois sa menace " Tu veux que je demande à ton père qu'il te corrige". Sa voix n'admettait aucun doute sur la proposition.

En ce beau samedi d'automne, ma cousine Corine portait une tenue exemplaire que j'enviais, chemise blanche à col rond, sertie d'un chandail rouge, une jupe à carreaux écossais rouge, des collant opaques en nylon rouge et des ballerines marie-jeanne vernies rouges assortie, ses beaux cheveux blonds, long, coiffés d'un serre tête. Moi vêtue de mes fripes habituelles dont je n'ose pas me souvenir. Les laines étripées, les couleurs délavées, recousues par endroit, les chaussures usées.

Josiane, ma tante, la soeur de ma mère, vivait d'une pension que lui versait son ex mari, et de petits boulots, notamment les ménages, deux fois par semaine chez Madame Dubourg, une cadre à la retraite issus du milieux scientifique. La garde robe de ma mère se composait en grande partie des dons que Madame Dubourg faisait à ma tante, ce qu'elle ne portait plus. Des vêtements très classiques, austères, sans fantaisie aucune, comme ses anciens tailleurs de travail, des chaussures à talons bas, des chandails, tous ces habits de provenance bourgeoise traduisaient les goûts d'une femme bien mure et réservée. C'était de la marque disait ma mère.
Josiane, parfois accompagnée de sa fille Monique, rapportait des sacs à la maison. Ceux là contenaient aussi bien les anciens vêtements de la dame, que les fripes déjà bien utilisées de Monique qui m'étaient destinées. Ma mère avait déjà disposé sur le canapé ce qui me convenait.
"Cécile", j'étais appelée au salon pour l'essayage.
"Tournes toi", "Marche un peu, qu'on voit", si il y avait désir à ajuster à ma taille, raccourcir un pantalon au trois quart, ma tante était douée pour la couture et s'en chargeait volontiers. Elle prenait un centimètre et des aiguilles, et sous peu je recevait mon dut dans l'armoire.
Si dans la petite école je prêtais peu attention à ce qu'on me faisait porter, au collège j'en étais humiliée. Je voulais avoir le droit de porter des jeans, même Corine en avait, j'ai demandé.
Ma mère me répondit par une pluie de gifles, je n'étais pas satisfaite de ce qu'on me donnait, encore des caprices. J'eus droit pendant une semaine à une heure par jour de génuflexion sur les pois secs avant de me coucher, et je devais la remercier d'avoir été suffisamment bonne de pas me donner la discipline, bien que différent, c'était tout aussi terrible. Je posais, les mains sur la tête, sur le parquet du salon face à la bibliothèque, je me faisais gronder quand je baissait les mains. Ma mère me rappelait la menace du martinet, celle du père, et m'interdisait de pleurer si il m'en venait l'envie. Au bout de trente minutes j'avais droit à cinq minutes de pause. Les genoux meurtris, estampés par les pois. Avec mon père elle regardait la télé, moi je me distrayais en écoutant et imaginant ce qui se passe à l'écran. La télé c'était pas pour moi, si ma mère me surprenait à lorgner l'écran, c'était la gifle. Les seules fois que je pouvais poser mes yeux sur l'écran c'était quand nous étions à table chez marraine.

Comme j'enviais Corine, elle avait des habits neufs, marraine les achetait au magasin pour elle, elle lui demandait même d'en choisir certains. Quand elle demandait un puzzle, elle ne recevait pas de gifles, c'est parce qu'ils étaient plus riches, je le savais bien.
Je voulais la punir d'être si belle, de se faire offrir des jouets, et puis ça me ferait plaisir de lui donner une fessée.
Josiane était partie faire quelques courses, c'était elle qui nous gardait les mercredis et les samedis chez marraine.
J'avais bien une heure pour présenter à ma cousine une situation propice à claquer ses fesses. Corine était d'un an plus jeune que moi et moins inventive, aussi j'eus souvent l'initiative de lui proposer des jeux.
Aujourd'hui ont joueraient à la mère et à la fille, elle l'accepta volontiers. Ce qui fut plus difficile c'était lui faire accepter la fessée. Juste une petite, je lui justifiais que ça faisait partie du jeux, elle savait bien qu'une mère peut punir sa fille. Ca ne lui ferait pas mal, elle hésitait.
Elle fini par s'allonger, le ventre sur la moquette du salon, moi je m'assis sur ses cuisses, ainsi je l'immobilisais. Je lui relevais sa jupe, je voulais que ça lui fasse mal, qu'elle en pleur, comme d'une vraie fessée qu'elle aurait peu recevoir. Elle gigotait se rendant de plus en plus compte de son impuissance. Elle me supplia d'arrêter, elle était aux bord des larmes, elle ne se serait pas fâché si m'étais arrêté là, mais je lui ai dit que ce n'était pas fini pour elle et je continuais les claques sur son derrière. Elle pleurait et moi j'en voulais plus, Je fini par la relâcher, aussitôt elle couru se cacher dans la chambre de ses parents.
Qu'avais je fais, j'allais pour m'excuser de m'être emporté, elle me bloquait la porte, elle ne voulait rien savoir de ce que je disais, elle ne me répondit pas. Je continuais donc à jouer seule jusqu'à l'arrivée de Josiane. Ca lui passerait comme quand elle se chamaillait avec son frère, mais non elle restait stoïque dans la chambre.
Au retour de Josiane, elle recommença les pleurs pour noter qu'elle avait été offensée, ça m'inquiéta. Je n'entendis rien de la discussion qui se tenait dans la chambre des parents, Josiane en sorti furieuse, Corine l'accompagnait.
Ma tante prit un ton solennel et autoritaire, elle me grondait en concluant que comme j'appréciais la fessée elle m'en ferait profiter. Elle demanda à Corine où se trouvait la discipline, avec quoi papa corrigeait. Corine désigna la laisse du caniche posée sur la commode, une natte ronde tressée de fines lanières en cuir, un peut plus grosse qu'un doigt. Josiane saisi l'instrument et le plia en deux. La vue de l'instrument m'effrayait, la peur me dominait, les larmes montaient, Elle mentait Corine, c'était pas la laisse, pas la laisse, c'était la ceinture, je le savais... Josiane ne voulait rien entendre, "Tu te tais !".
La jupe relevée, cambrée sur l'accoudoir du canapé en cuir, j'espérais en l'indulgence de ma tante, juste quelques coups, pas trop fort, qu'elle ne me rosse pas comme le faisait ma mère.
C'était la première fois qu'elle me mettait dans une telle situation, j'avais entendu dire qu'elle avait bien éduqué sa fille, sans plus de précisions. Josiane ne ménagea pas sa force, les deux coups frappés à vive allure me redressèrent dans les cris, instinctivement je me mis à courir. Je me suis enfermée dans les toilettes, près de la porte d'entrée, dans le couloir, un loquet en bloquait l'accès.
derrière la porte j'entendais gronder les menaces de ma tante m'invitant à sortir. Elle le dirait à ma mère, je le regretterais. Moi je m'attendais à ce qu'on me pardonne avant de sortir, il en était hors de question et ce serait pire quand on me ferait sortir d'ici. Attends un peu qu'il revienne ton oncle, on trouvera un moyen pour te prendre, et il n'y aura plus d'excuses valables, réfléchis.
Même si j'avais des doutes, si je me demandais si je devais ouvrir, j'étais à l'abri, en vain ma tante avait essayé d'ouvrir, d'ici quelques heures les colères se seraient dissipées, enfin ce que j'espérais. On m'oublia jusqu'au soir, heureusement pour moi il y avait d'autres toilettes dans la salle de bain.
J'entendais peu à peu les gens rentrer dans l'appartement, mon cousin qui revenait en fin d'après midi de l'équitation, puis marraine le soir, suivie de son mari.
J'entendais qu'on discute, qu'on s'offusque, des pas venaient en ma direction, des pas lourds, ceux de mon oncle, ma tante aussi sûrement. On me somma de sortir de suite avant qu'il ne soit trop tard, de toute façon mon oncle enlèverais la porte et de toute façon je serrais punie, et d'avantage si je n'obéissais pas sur le champs. Je  pensait qu'il ne pouvait pas l'ouvrir, il a forcé sur la porte, et avec une règle plate soulevé le loquet. Aussitôt ma tante rentra et m'attrapa par ma courte chevelure, elle me traîna au salon devant l'assemblée. Marraine, Michèle et Corine à table, ils venaient de dîner. Ils me regardaient fautive, ma tante me secouait un peu, elle me cambra sur l'accoudoir du canapé et demanda à mon oncle de me retenir, parce que ça allait dérouiller. Mon oncle s'assit de coté sur le canapé et me retint tendue par les poignet. Son étreinte me faisait déjà mal, je sentais qu'il avait des mains d'acier.
Ce soir ma tante m'avait fait hurler, j'en avait perdu mon timbre, la voix cassée. Quand elle me raccompagnait à la maison elle grondait encore, j'allais entendre ce qu'en dirait ma mère, j'avais pas fini d'en prendre. Elle me posta debout devant ma mère qui criait des remontrances. "Fais voir tes fesses !", elle examina mon derrière et mes cuisses boursouflées, moi pleurante, je suppliais, mon père était partisan pour prendre sa sangle et me rosser le dos si il fallait.
Ma mère remercia sa soeur de m'en avoir collé une bonne, elle en conclu que pour aujourd'hui ça suffisait, mais c'était fini les jeux chez marraine, et comme j'appréciais tant de jouer à la fessée, elle m'arrangerait une garde chez la voisine, en haut, là où ça frappait.


1 commentaire:

Anonyme a dit…

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